Étienne Véron DE GRANDMESNIL

Né à Trois-Rivières en octobre 1649, Étienne Véron de Grandmesnil fut notaire, capitaine de milice et marguillier de la paroisse de Trois-Rivières (1682). Il s'occupa également d'agriculture et de commerce des fourrures. Il était le neveu de Pierre-Esprit Radisson (sa mère, devenue veuve, avait épousé Des Groseilliers). Il décéda à Trois-Rivières le 18 mai 1721.

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Le 21 août 1700, le gouverneur Claude de Ramezay acheta d'Étienne Véron de Grandmesnil un terrain "près de Trois-Rivières".

Le 11 juillet 1710, l'intendant Antoine-Denys de Raudot posa la pierre angulaire de la troisième église paroissiale de Trois-Rivières, en présence du curé, le père récollet Joseph Denys, et des dignitaires et marguilliers: le lieutenant général et procureur du roi René Godefroy de Tonnancour, Jacques Hertel de Cournoyer, Jean Lechasseur, le substitut du procureur du roi Jean-Baptiste Poulin de Courval, Étienne Véron de Grandmesnil, Pierre Dutot, Maurice Cardin, Jacques Duguay, Jean Fafard dit Laframboise et Louis Fafard dit Longval. La pierre angulaire en ardoise portait une plaque de plomb avec inscription en latin gravée par l'orfèvre et armurier du roi Guillaume Beaudry dit des Buttes, fils d'Urbain. Suite au grand incendie du 22 juin 1908, cette pierre en ardoise fut récupérée (31 octobre 1908) et posée à nouveau comme pierre angulaire de l'église Saint-Philippe, mais la plaque de plomb gravée par Guillaume Beaudry dit Desbuttes, fils d'Urbain fut déposée au musée du Séminaire.

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Au mois de juin 1716, l'évêque de Québec, Mgr de Saint-Vallier, était à Trois-Rivières pour inaugurer les nouveaux bâtiments des Ursulines, considérablement agrandis. Le 25, l'occasion lui fut alors donnée de signer devant les notaires royaux Poulin et de Grandmesnil un acte de donation en faveur des Ursulines, dissipant de la sorte toutes les inquiétudes des religieuses et obviant aux difficultés qui pourraient surgir après son décès à propos des titres de propriété de la maison du gouverneur sur le Platon.

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VÉRON DE GRANDMESNIL, ÉTIENNE, capitaine de milice, notaire, né le 31 octobre 1649 à Trois-Rivières, fils de Jean Véron de Grandmesnil, venu de Normandie, et de Marguerite Hayet, décédé le 18 mai 1721 à Trois-Rivières.

Véron de Grandmesnil n’avait que trois ans lorsque son père fut tué par les Iroquois ; sa mère, qui était la demi-sœur de Pierre-Esprit Radisson, épousa peu après le célèbre Médard Chouart* Des Groseilliers. Toutefois, « étant cause de plusieurs querelles et différents touchant sa correction entre sa mère et son beau-père, le tuteur d’Étienne, Étienne Seigneuret, le prit à sa charge moyennant vingt livres par année. » Quand il fut en âge d’étudier, on chargea les Jésuites de le loger et de lui enseigner « toutes les instructions nécessaires ».

En 1667, il est toujours à Trois-Rivières. Le recensement de cette année-là indique qu’il y demeure avec sa mère, son frère Guillaume, son demi-frère Jean-Baptiste et sa demi-sœur Marie-Antoinette Chouart. Grandmesnil s’intéresse au commerce des fourrures puisqu’en 1676 l’intendant Duchesneau* le convoque, avec une vingtaine d’autres notables de la colonie, pour délibérer sur la fixation des prix du castor.

En 1680, sa mère partage avec lui la terre paternelle, et le recensement de 1681 mentionne qu’il a un domestique à son service et qu’il possède 7 bêtes à cornes et 45 arpents en valeur. En 1682, il était choisi comme marguillier de la paroisse de Trois-Rivières et, à ce titre, il participa à la construction d’une nouvelle église. Il fut également nommé capitaine de milice de cette paroisse. En 1684 et en 1685 il signe deux contrats de location d’animaux domestiques.

Par la suite, il semble abandonner la culture du sol puisqu’il devient le secrétaire de Cadillac [Laumet]. Il est fort possible que Véron de Grandmesnil ait participé à la fondation du poste de Détroit. Revenu à Montréal, il prend les intérêts de son maître et passe plusieurs transactions, conventions et accords en sa qualité de procureur de Cadillac. En 1706, il obtient une commission de notaire et il exerce cette profession jusqu’en 1720. Le document attestant sa commission a été perdu, mais plusieurs documents lui donnent le titre de notaire royal. Il est aussi évident qu’il fut substitut du procureur du roi.

Véron de Grandmesnil avait épousé à Trois-Rivières, en 1677, Marie-Thérèse Moral, fille de Quentin Moral de Saint-Quentin, lieutenant de roi, et de Marie Marguerie, veuve de Jacques Hertel* de La Fresnière. De cette union sont nés neuf enfants, dont Étienne*, qui se fit marchand et devint receveur de Son Altesse le comte de Toulouse [Bourbon], amiral de France.

DateInconnue
CollectionEncyclopédie Trifluviana
SourceDaniel Robert, Fichier d'accès rapide à l'histoire, Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières. Daniel ROBERT, "Hôpitaux, santé et assistance publiques à Trois-Rivières, XVIIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 3, avril 1993, p. 5. Daniel ROBERT, "Le domaine des Ursulines de Trois-Rivières et l'espace urbain, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 7, juin 1997, p. 8 et 12. Daniel ROBERT, "Le patrimoine religieux de Trois-Rivières", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 8, juin 1998, p. 5.

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