François HERTEL de la Fresnière (I)

François Hertel de la Fresnière fut surnommé "le Héros" à cause de ses exploits militaires.

En juin 1663, François Hertel était l'un des 69 seigneurs du Canada, mais il ne possédait aucune terre en fief et seigneurie dans la région de Trois-Rivières.

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Fils de Jacques Hertel et de Marie Marguerie, François Hertel naquit à Trois-Rivières le 3 juillet 1642. Il était le frère de Magdeleine Hertel et de Marguerite Hertel.

François Hertel entra très tôt dans la carrière des armes. Dès l'âge de 15 ans, en effet, il participa à la défense du bourg de Trois-Rivières. Puis, en juillet 1661, alors qu'il était sorti du fort, il fut capturé par quatre Iroquois qui l'amenèrent dans leur pays et, suivant leurs coutumes, le torturèrent. Hertel eut la vie sauve grâce à une vieille Amérindienne qui l'adopta et lui apprit la langue iroquoise. Au cours de sa captivité, il fit parvenir, par l'intermédiaire du père LeMoyne, qui se trouvait chez les Onnontagues, deux lettres admirables à sa mère, écrites sur une feuille d'écorce. Deux ans plus tard, il réussit à s'échapper et à retourner à Trois-Rivières.

Cultivateur à Trois-Rivières, François Hertel reçut, le 21 juin 1664, une partie des terres délaissées par feu son père Jacques Hertel (les autres parties ayant été léguées à Jean Crevier, époux de sa soeur Marguerite, et Louis Pinard, époux de sa soeur Magdeleine).

François Hertel fit partie des nombreux groupes formés par les gouverneurs pour repousser les incursions iroquoises. Après avoir confié ses enfants à l'instituteur Pierre Bertrand, il entreprit une série d'exploits militaires que l'on rappelle aujourd'hui sous le titre de "Raids des Hertel". François Hertel se distingua particulièrement lors de l'une des trois expéditions lancées par le gouverneur Frontenac contre des établissements de la Nouvelle-Angleterre durant la première guerre intercoloniale (1689-1697). Hertel, âgé de 48 ans, était à la tête d'un groupe de 50 Français et Canadiens (dont trois de ses fils et Louis Crevier) et de 25 Amérindiens qui partit de Trois-Rivières le 28 janvier 1690 et se rendit à Salmon Falls, près de Portsmouth au nord de Boston. Arrivé le 25 mars, le groupe incendia les 27 maisons du village, tua 30 hommes et prit 2000 têtes de bétail. Hertel se dirigea ensuite avec une partie de son groupe vers Casco, village voisin, pour rejoindre le groupe de Portneuf et de Robineau de Bécancour, parti de Québec. Chemin faisant, il captura 200 habitants de Pescadouet venus à sa rencontre. Le bourg de Casco fut complètement détruit et 70 hommes furent capturés.

François Hertel reçut une commission de lieutenant en 1693 et fut annobli du titre d'écuyer par le roi en avril 1716. Il mourut le 22 mai 1722. Le gouverneur de Vaudreuil souligna alors la valeur extraordinaire d'un François Hertel à la défense de son pays. L'historien Raymond Douville disait de lui: "On a rarement poussé plus loin les limites du courage pour la défense d'un peuple".
(suite sur la fiche suivante)

DateInconnue
CollectionEncyclopédie Trifluviana
SourceDaniel Robert, Fichier d'accès rapide à l'histoire, Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières. En collaboration, "L'architecture trifluvienne, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 13, octobre 2003, p. 30. Fastes trifluviens: tableaux d'histoire trifluvienne sous le Régime français, Société Saint-Jean-Baptiste de Trois-Rivières, 1931, p. 35. (TRI 971.445 F251). Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 11, juin 2001, p. 18. Daniel ROBERT, "Les petites écoles à Trois-Rivières, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 5, avril 1995, p. 9 Daniel ROBERT, "Le domaine des Ursulines de Trois-Rivières et l'espace urbain, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 7, juin 1997, p. 4, 8 et 12.

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