Hudson’s Bay Company (III)

Voir aussi Troc, Marchandises de traite

Dès la fin de la guerre de Sept Ans et le retour à la paix, la Hudson's Bay Company fit construire de nouveaux postes pour favoriser son commerce et recommença à financer des voyages d'exploration pour découvrir le fameux "passage du nord-ouest": ceux de Henry Kelsey et de Samuel Hearne (1771). Mais des marchands écossais, établis à Montréal et à Québec, ne tardèrent pas à lui faire une rude concurrence en pénétrant, au mépris de la charte royale, dans la région des Grands Lacs et en Saskatchewan jusqu'aux Rocheuses. D'abord avantagés par les nouvelles frontières fixées par l'Acte de Québec (1774) qui favorisaient Montréal au détriment d'Albany, ces marchands commencèrent ensuite à craindre les conséquences d'une éventuelle indépendance des Treize Colonies américaines. En 1783, ils formèrent donc une nouvelle société sous le nom de The North West Company (Compagnie du Nord-Ouest). Regroupés en association privée - The Beaver Club Instituted (Club des Castor) - en 1786, réorganisés en 1787, les Northwesters, comme on les appelait, finançèrent plusieurs voyages d'exploration dans l'Ouest, dont ceux d'Alexander Mackenzie, de David Thompson et de Simon Fraser. En 1821, grâce au travail du gouverneur de la Hudson's Bay Company, surnommé "le petit Empereur", George Simpson (1821-1860), la puissante compagnie absorba sa rivale, la North West Company, et son territoire fut agrandi jusqu'à l'océan Pacifique à l'ouest et à l'océan Arctique au nord. Puis, en 1832, elle racheta les droits de location du Domaine du Roi. Sa suprématie sur le territoire canadien devint alors complète. Mais, vers 1835, la traite des fourrures était déjà en déclin.

En 1843, ayant reçu l'île de Vancouver pour un prix nominal et à condition d'y établir une colonie, la compagnie organisa un poste à Camosun (Victoria). En 1851, le surintendant de la Hudson's Bay Company, James Douglas, était aussi gouverneur de la colonie de Victoria.

En 1859, le monopole de la Hudson's Bay Company fut aboli. Moins de dix ans plus tard, en 1868, la compagnie céda ses droits sur la Terre de Rupert au nouveau Dominion du Canada pour la somme de 300 000 livres (un million et demi de dollars), ne se réservant que les terrains avoisinant ses 120 postes de traite et sept millions d'acres de terre dans la "ceinture fertile" (partie sud des Prairies). En décembre 1869, le gouverneur de la Hudson's Bay Company, William McTavish, cessa d'administrer la Terre de Rupert sur laquelle vivait une population de 75 000 hommes: des Amérindiens, des Inuits, des Métis et des Blancs (Irlandais, Écossais et Canadiens-Français) établis dans la colonie de la Rivière-Rouge par le comte de Selkirk.

La Hudson's Bay Company est aujourd'hui la plus vieille compagnie à charte de tout le Commonwealth britannique et le plus important détaillant de produits non alimentaires au Canada. Les chaînes de magasins à rayons La Baie et Zellers (acquis en 1978) sont deux de ses plus beaux fleurons.

DateInconnue
CollectionEncyclopédie Trifluviana
SourceDaniel Robert, Fichier d'accès rapide à l'histoire, Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières. Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 11, juin 2001, p. 5-7 et 14-16.

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