Jacques LENEUF de La Potherie (II)

(suite de la fiche précédente)

En 1649 encore, Jacques LeNeuf de la Potherie acquit le fief Champflour. Peu après, il acquit également une autre terre qui se trouvait beaucoup plus au nord (le long de l'actuel boulevard Laviolette) et qui avait d'abord été concédée par le gouverneur de Montmagny à Jean Amiot. En 1660, Jacques LeNeuf de la Potherie se fit officiellement concéder en fief et seigneurie ses 90 arpents en deux parcelles: l'ancien fief Champflour et la terre d'Amiot. Le droit de mutation, à payer aux Cent-Associés, était selon la Coutume de Paris. En 1663, le titulaire exploitait lui-même toute sa seigneurie.

Jacques LeNeuf de la Potherie possédait aussi la terre du Sablé et quelques emplacements, en plus de l'île aux Cochons (île De La Potherie) et de quelques terres en censive: deux d'entre elles, dont l'une était de forme triangulaire, étaient situées près de la grand'porte du bourg (angle des rues actuelles Notre-Dame et Bonaventure), au sud-est de la première parcelle de sa seigneurie (l'ancien fief Champflour). C'est là, près du fort, semble-t-il, qu'il exploitait une brasserie en 1651. C'est aussi là qu'il possédait logis avec boulangerie, cour, jardin, grange et étable: les fondations de cette maison soutiennent encore la partie est de l'actuelle maison Chastelain dite manoir Boucher de Niverville, rue Bonaventure.
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En juin 1663, on dénombrait 10 seigneurs en titre à Trois-Rivières, c'est-à-dire des seigneurs qui y détenaient des droits de suzerain, dont Jacques LeNeuf de la Potherie, seigneur de l'île aux Cochons (ou île De La Potherie) et du fief Niverville.

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En 1657, selon la Relation des Jésuites, le seigneur Jacques LeNeuf de la Potherie établit un cabaret où l'on vendait du vin aux Amérindiens: deux pots pour un castor d'hiver, un pot pour un castor d'été.
"On se plaignait de ce cabaret, si bien que M. de La Potherie fut obligé
d'envoyer à Québec pour savoir la volonté du gouverneur touchant ledit
cabaret. La conclusion fut qu'il ne fallait point continuer. On ne laissa pas
toutefois de continuer".

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En 1649, le seigneur Jacques LeNeuf de la Potherie passa un marché avec Paul Chalifou pour construire un moulin à vent, en bois, qu'il érigea sur son emplacement situé sur le Platon, "en banlieue, à 40 toises du fort" (240 pieds) construit par Laviolette en 1634. Cet emplacement (site de l'actuel bureau de poste de Trois-Rivières) était de 1 200 toises (1 arpent et un tiers); comme les autres emplacements de la censive urbaine, il relevait directement des Cent-Associés et le cens payable était de 30 sols ou 1½ livre en 1663.
(suite sur la fiche suivante)

DateInconnue
CollectionEncyclopédie Trifluviana
SourceDaniel Robert, Fichier d'accès rapide à l'histoire, Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières. Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 11, juin 2001, p. 23. Daniel ROBERT, "Le domaine des Ursulines de Trois-Rivières et l'espace urbain, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 7, juin 1997, p. 4-8, 10, 11, 26 et 28. Daniel ROBERT, "Le patrimoine industriel et manufacturier de Trois-Rivières, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 12, juin 2002, p. 7 et 19. Marcel TRUDEL, Initiation à la Nouvelle-France, Montréal, Éditions Holt, Rinehart et Winston Limitée, 1971, p. 163.

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