L'enseignant et hôtelier Joseph-Alfred Mongrain fut hôtelier et maire de Trois-Rivières de 1949 à 1953 et de 1960 à 1963. Il fut aussi député libéral indépendant de Trois-Rivières à la Chambre des Communes (Ottawa) de 1965 à 1971.
Professeur d'anglais à l'École technique de Trois-Rivières, J.-A. Mongrain fut propriétaire de l'hôtel Le Voyageur ouvert dans l'ancienne résidence du maire Joseph-Édouard Turcotte, sur la terrasse Turcotte, durant un an et demi, soit du 2 février 1946 au 17 septembre 1947. Il connut alors des ennuis avec la Commission des liqueurs qui ne lui accorda pas de permis.
Bon orateur, doué d'une mémoire phénoménale et très intéressé par les sports, il prépara de longue main sa candidature à la mairie de Trois-Rivières. Prônant des réformes, il critiquait "l'immobilisme" de l'administration municipale: "Trois-Rivières ne bouge pas! C'est une ville morte!". Le 17 septembre 1949, Trois-Rivières mit le gouvernail de la ville entre les mains de J.-A. Mongrain.
D'allégeance libérale, le maire Mongrain entretenait donc des rapports très tendus avec le député de Trois-Rivières et premier ministre du Québec, Maurice L.-Duplessis. En 1951, durant l'enquête sur l'effondrement du pont Duplessis, Mongrain excita la population trifluvienne dans une causerie radiodiffusée par le poste de radio C.H.L.N., le 25 mars 1951, au cours de laquelle il blâma le gouvernement de ne pas agir assez rapidement dans la reconstruction du pont: "Il y a des limites à l'incurie!". Des retards affligeaient en effet la reconstruction du pont: les quantités d'acier livrées aux usines étaient soumises au contrôle d'Ottawa qui établissait les priorités d'après-guerre. Ces retards permirent au maire Mongrain de tonner à nouveau contre Duplessis. De plus, l'hypothèse d'un sabotage ne lui convenait pas.
En cette même année 1951, l'électorat trifluvien fut appelé à se prononcer à nouveau. L'ancien maire Rousseau était sur les rangs contre le maire sortant, J.-A. Mongrain dont Duplessis ne souhaitait pas la réélection. Rousseau refusa de participer à une assemblée contradictoire contre Mongrain. Ce dernier fit alors enregistrer un discours de son adversaire et le fit écouter pendant l'une de ses propres assemblées, réfutant phrase par phrase les arguments de Rousseau. La méthode Mongrain connut un succès retentissant. Le 17 septembre 1951, Mongrain fut réélu au poste de maire de Trois-Rivières.
Les libéraux demandèrent à Mongrain de se porter candidat à la direction du Parti libéral du Québec pour remplacer Georges-Émile Lapalme ou, encore, de se présenter dans la circonscription électorale de Champlain contre Maurice Bellemare. Mongrain refusa. Invité au Club de réforme de Québec, il laissa plutôt entendre qu'il serait candidat contre Duplessis lui-même dans la circonscription de Trois-Rivières.
En décembre 1951, Mongrain accusa le premier ministre Duplessis d'avoir empêché l'établissement d'une industrie, une raffinerie de zinc, en banlieue de Trois-Rivières, qui aurait investi 15 millions de dollars. Puis il dénonça "les sept péchés capitaux" qu'étaient les organisateurs de l'Union nationale à Trois-Rivières.
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