Louis JOBIN

Le maître-sculpteur Louis-Jobin est l'auteur d'une soixantaine d'oeuvres en bois disséminées sur le continent nord-américain, dont le calvaire de Baie-Jolie et la statue "La Vierge et l'Enfant", les deux seules de ses pièces qui se trouvent à Trois-Rivières. Fils du cultivateur Jean-Baptiste Jobin et de Luce Dion, le maître-sculpteur Louis Jobin naquit à Saint-Raymond, dans le comté de Portneuf, le 26 octobre 1845. Il débuta sa carrière dans les chantiers maritimes de Québec comme sculpteur de figures de proue pour les navires. En 1865, il entreprit de parfaire son art en se rendant pour trois ans auprès de l'ingénieur civil et maître-sculpteur François-Xavier Berlinguet à Québec. Puis, il fit un séjour de deux ans (1868-1870) à New York où il travailla chez William Bolton. De retour au pays en 1870, il s'installa à Montréal comme sculpteur de figures de proue (marché en déclin), d'enseignes commerciales et de statues (marchés en expansion). En 1876, il retourna à Québec, dans le faubourg Saint-Jean, et y demeura 20 ans. Au fil des ans, il orienta davantage son art vers la sculpture religieuse qui, comme on le sait, offrait de plus grandes possibilités de travail: l'Église connaissait une période de ferveur et la statuaire religieuse, étroitement reliée aux grandes dévotions et aux nombreuses constructions d'églises, était à son apogée à la fin du XIXe siècle. Cette orientation, ajoutée à l'incendie de son atelier, n'est sans doute pas étrangère à son déménagement à Sainte-Anne-de-Beaupré, centre propice au métier de statuaire, en 1896. Dès lors, et jusqu'à sa mort, il se consacra exclusivement à la sculpture d'oeuvres religieuses d'extérieur: calvaires, Sacré-Coeur, statues de façade, etc. Jobin se signala toutefois par la réalisation de spectaculaires monuments de glace lors des carnavals de Québec en 1894 et 1896 et se range parmi les pionniers de ce type de sculpture au Québec. Quelques-unes de ses oeuvres furent exposées pour la première fois en 1927, au Château Frontenac de Québec. "Le vieux statuaire de la côte de Beaupré", comme on l'appelait, s'éteignit peu après, "pauvre comme du sel", à Sainte-Anne-de-Beaupré, le 11 mars 1928 à l'âge de 84 ans.En 1933, l'ethnologue Marius Barbeau, qui a écrit le livre Louis Jobin, statuaire, disait que Jobin fut "le dernier de nos grands artisans". On lui donnait un billot pour en faire une statue. Des critiques, comme le peintre Arthur Lismer du "Groupe des Sept" de Toronto, l'ont même comparé à Michel-Ange. Par la qualité de sa production, Louis Jobin s'est taillé la meilleure place sur le marché de l'art statuaire monumental au Québec; il est l'auteur d'une soixantaine d'oeuvres, en pin blanc, en noyer ou en cèdre, disséminées sur le continent nord-américain et dont plusieurs sont considérées comme des chef-d'oeuvres. On en trouvait notamment à Saint-Casimir de Portneuf, Plessisville, Lévis, Montmagny, Lotbinière, Saint-Michel-de-Bellechasse, Saint-Pascal-de-Kamouraska, Chicoutimi, Jonquière, Sherbrooke, Minnedosa (Manitoba), Richibouctou (Nouveau-Brunswick), Ammendale (Maryland), Grand Rapids (Michigan), Hamilton (Ohio) et Lake Wales (Floride).Louis Jobin est aussi l'auteur de la croix de chemin de Baie-Jolie et de la statue "La Vierge et l'Enfant", les deux seules de ses pièces qui se trouvent à Trois-Rivières. Oeuvre religieuse d'extérieur et composition à trois personnages représentant la Vierge Marie tenant l'Enfant Jésus et délivrant une pécheresse, "La Vierge et l'Enfant" se trouvait dans le cimetière Saint-Louis jusqu'en 1986. La statue de bois d'environ deux mètres de hauteur, taillée d'une seule pièce et polychrome à l'origine, coiffait la pierre tombale de la famille Morrissette (section D, lot 27). Soumise continuellement aux intempéries, elle se trouvait dans un état lamentable quand, en juillet 1986, la Société de conservation et d'animation du patrimoine (SCAP) de Trois-Rivières, présidée par Alain Gamelin, entreprit des démarches pour la sauver de la destruction. Le 20 novembre 1986, la statue fut transportée dans la chapelle du Séminaire Saint-Joseph où elle se trouve encore aujourd'hui; elle a été restaurée en 1988.

DateInconnue
CollectionEncyclopédie Trifluviana
Source René BEAUDOIN et Daniel ROBERT, "Le patrimoine religieux de Trois-Rivières", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 8, juin 1998, p. 19 et 22-23. Daniel ROBERT, "La vie culturelle trifluvienne, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 10, août 2000, p. 23-24.

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