Voir aussi Pierre BÉDARD
(suite de la fiche précédente)
En août 1884, les religieuses exprimèrent à nouveau leur désir de vendre la maison de pierre "à bonnes conditions". Le 22 du même mois, elles vendirent les 15 emplacements du jardin de Mr Coffin et de la maison Bédard à Michael McInerney, de New York. Mais tout leur fut rétrocédé quatre ans plus tard, le 13 novembre 1888. (Le jardin de Mr Coffin (lots 1912 à 1924) fut finalement vendu le 13 avril 1899).
Entre-temps, le 17 décembre 1884, les Ursulines avaient signé un bail à loyer de la maison de pierre à J. Skroeder qui exploitait une manufacture de fuseaux à l'angle des rues Hertel et des Commissaires. Le bail fut renouvellé en juillet 1886 pour trois ans, pour la somme de 60$ par année. Skroeder, qui désirait acheter la maison, se chargea de faire à ses frais une partie des réparations les plus urgentes. Il souhaitait, bien sûr, que les Ursulines lui donnassent la préférence advenant la vente; dans le cas contraire, il demandait à être remboursé pour les dépenses faites durant les trois ans. Skroeder n'acheta finalement pas la propriété. En juin 1887, les religieuses la remirent à nouveau en vente pour un prix de 250$ en dessous de son évaluation (1 500$), car la maison exigeait "pour la rendre habitable, des réparations considérables".
En 1896, la maison Bédard et le terrain étaient évalués à 2 200$. En octobre 1899, la supérieure des Ursulines, Soeur Marie-de-la-Nativité (Lumina Beauchemin), demanda à la Ville de Trois-Rivières de faire creuser des canaux d'égoût devant la propriété, lequel égoût était "absolument nécessaire au point de vue hygiénique pour la famille occupant la maison de pierre sur la rue des Commissaires...". Mais, en avril 1901, le canal n'était toujours pas creusé. "À défaut de ces améliorations indispensables, nous ne pourrons encore cette année trouver de locataire pour notre propriété", écrivit la dépositaire, Soeur Marie-de-l'Incarnation.
Enfin, en janvier 1904, les religieuses acceptèrent une offre d'achat pour la somme de 3 000$. L'acte de vente fut-il signé? Probablement que oui. Les archives parlent encore, durant les années suivantes, d'une maison de pierre. Mais, dans la plupart des cas, il s'agit plutôt de la maison Lafontaine dite "Hertel de la Fresnière" acquise par les Ursulines en 1898; dans d'autres cas, toutefois, c'est la confusion. Cette lacune dans nos informations nous commande de ne pas poursuivre plus avant.
La maison Bédard est malheureusement plus connue de nos jours sous le nom de maison Jacob, du nom de son propriétaire durant les années 1953-1978. Jacob, un employé de la Shawinigan Water and Power Co., apporta de nombreuses modifications à l'immeuble, dont la construction d'une rallonge et d'un garage. L'immeuble fut, durant un temps, la propriété de l'homme d'affaires Guy Marcotte, des cafés Morgane.
Une des caractéristiques de cette maison est que l'on peut y voir de petits X, tracés dans la maçonnerie près des fenêtres, qui avaient pour but - dit-on - de conjurer la maladie, les démons et les sortilèges.