Voir aussi Fort de Trois-Rivières
En 1650, Pierre Boucher fit ériger la première palissade de pieux autour du bourg de Trois-Rivières. La palissade comportait trois redoutes aux angles et plusieurs bastions. Elle courait:
- au sud-ouest: le long de la rue Saint-Claude (actuelle rue des Casernes),
- au sud-est: le long de la future terrasse Turcotte,
- au nord-ouest: derrière les emplacements de la rue Saint-Pierre, et
- au nord-est: le long d'une ravine (appelée plus tard "la fosse du côté des Récollets", puis la Coulée, "le jardin des
Dames" et, aujourd'hui, Jardin des Ursulines).
Le territoire situé immédiatement à l'est de la rue Saint-François-Xavier, hors de l'enceinte du bourg de Trois-Rivières, faisait partie du fief Hertel.
Le 19 août 1652, le gouverneur de Trois-Rivières, Guillaume Guillemot DuPlessis-Kerbodot, fit une sortie avec 50 Français et 12 Amérindiens; le gouverneur et huit hommes furent massacrés lors d'une embuscade à la Pointe-aux-Ormes, à l'ouest de la Commune.
En 1653, de juin jusqu'à la fin août, Trois-Rivières fut assiégée par près de 600 Iroquois; la ville était défendue par le capitaine du bourg, Pierre Boucher, et 46 Trifluviens.
Le 16 mai 1664, le gouverneur de Mézy concéda au vicaire apostolique, Mgr François de Montmorency-Laval, pour la Fabrique de Trois-Rivières, un terrain de 208 toises pour l'église paroissiale et le cimetière. On commença alors la construction d'une troisième chapelle, toujours en bois et au même endroit, c'est-à-dire près de la grand'porte du bourg. Cet édifice, peut-être trop vaste ou trop dispendieux, n'était toujours pas terminé en 1667.
Après le danger couru par la Colonie lors de l'invasion de l'amiral anglais William Phips, en 1690, on entreprit la restauration des fortifications de Trois-Rivières tombées en ruine. Dans une lettre datée du 4 novembre 1693, le gouverneur Louis de Buade, comte de Frontenac, et l'intendant Jean Bochart-Champigny annoncèrent que
"la clôture des Trois-Rivières a été réparée et son enceinte augmentée
pour fermer la maison du gouverneur et porter la clôture sur la croupe
de la hauteur (le Platon), afin de mieux commander la campagne et la basse ville...".
En 1704, Levasseur de Néré proposa d'élargir la palissade de façon à englober la nouvelle propriété des Ursulines.
En 1752, la palissade du bourg fut complètement détruite par un incendie qui dura cinq jours, du 17 au 23 mai.
Les limites du bourg de Trois-Rivières furent fixées par proclamation le 7 mai 1792.
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En octobre 1875, un nouvel édifice de la douane fut bâti sur le terrain du Platon, face à la rue Alexandre (Radisson). Au cours de l'excavation, on fut
"surpris de découvrir, à 15 pieds sous le sol et à 40 pieds de la rue Notre-Dame,
une rangée de pieux de cèdre disposés en la même manière que ces anciennes clôtures
de pieux debout..." (Journal des Trois-Rivières, 28 octobre 1875).
S'agissait-il de résidus de l'ancienne palissade du bourg.