Pierre-Esprit RADISSON

Deux Trifluviens, Médard Chouart Des Groseilliers et Pierre-Esprit Radisson, furent les maîtres d'oeuvre de la puissante et richissime Hudson's Bay Company qui existe encore de nos jours. Ces deux Trifluviens instaurèrent des pratiques qui se développèrent ensuite, durant un demi-siècle, en un mode de vie associé à la traite des fourrures dans l'ensemble du réseau de traite Grands Lacs-Saint-Laurent. Les coureurs des bois se rendaient eux-mêmes cueillir les pelleteries auprès de leurs fournisseurs amérindiens dans les Pays-d'en-Haut, dans la région des Grands Lacs et dans le Haut Mississippi.Pierre-Esprit Radisson naquit à Avignon ou à Paris en 1636. Il fut baptisé en l'église de Saint-Sulpice de Paris, dans le quartier du palais du Luxembourg, et habita la paroisse de Saint-Nicolas. Il arriva au Canada vers 1651 et rejoignit sa demi-soeur Marguerite Hayet qui avait épousé Jean Véron de Grandmesnil à Trois-Rivières en 1646.
En août 1658 ou 1659, Médard Chouart Des Groseilliers et son beau-frère, Pierre-Esprit Radisson, entreprirent ensemble une série de voyages qui les rangent parmi les plus grands explorateurs canadiens.

Après 1660, c'est autour de la "mer du Nord" (la baie d'Hudson), véritable réservoir de pelleteries, que Des Groseilliers et Radisson concentrèrent leurs énergies. Les deux trafiquants trifluviens s'embarquèrent pour Londres en août 1665 et allèrent proposer leurs services à l'Angleterre où ils furent à l'origine de la création de la Hudson's Bay Company. Selon Marie de l'Incarnation, Des Groseilliers reçut une récompenses de 20 000 écus et fut fait chevalier de l'Ordre de la Jarretière. Les deux trafiquants firent plusieurs voyages à la baie d'Hudson. Pierre-Esprit Radisson portait un costume surmonté d'un grand col en peau de martre et des mocassins en peau d'orignal et les amis de Des Groseilliers portaient une large culotte en peau de chevreuil, une veste en peau de vison, des mocassins en peau d'orignal et un bonnet de fourrure.

Malgré leur différence d'âge, Des Groseilliers et Radisson partagèrent une grande amitié et devinrent de grands associés dans leur fameuse carrière de coureurs des bois, de traiteurs et d'explorateurs. Ils sont considérés comme les pionniers des régions à l'ouest des lacs Michigan et Supérieur et aussi de la baie d'Hudson. Des Groseilliers décéda vers 1696.

Quant à Radisson, il décéda à Londres entre le 17 juin et le 2 juillet 1710, après avoir subsisté durant quelques années grâce à une pension et des dividendes versés par la Hudson's Bay Company. Il s'était marié trois fois et avait eu au moins neuf enfants.

Le monument aux Découvreurs trifluviens, érigé en 1934 à l'extrémité est de la terrasse Turcotte, derrière l'église anglicane Saint-James, et appelé communément "monument de Lavérendrye", rend hommage à Pierre-Esprit Radisson ainsi qu'à d'autres Découvreurs trifluviens: Pierre Gauthier de Varennes et de La Vérendrye (1685-1749), Jean Nicolet (1598-1642), Pierre Pépin (1652-1722), Médard Chouart des Groseilliers, Nicolas Perrot (1641-1717) et Christophe Dufrost de La Jemmerais. Sa mémoire est aussi rappelée par une rue de Trois-Rivières, ainsi que par un pont enjambant la rivière Saint-Maurice, par un traversier à l'Île-aux-Coudres, et par une ville de la baie de James: Radissonville.

DateEnviron 1658
CollectionEncyclopédie Trifluviana
Source Pierre CÉCIL, "Trois-Rivières et sa région. Pépinière d'explorateurs, d'aventuriers et de héros", dans Le Nouveau Mauricien, 1ère partie, vol. 6, no 1 (juin 2000), p. 18-19 et 2e partie, vol 6, no 2 (décembre 2000), p. 14-17. Fastes trifluviens: tableaux d'histoire trifluvienne sous le Régime français, Société Saint-Jean-Baptiste de Trois-Rivières, 1931, p. 37. (TRI 971.445 F251). Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 11, juin 2001, p. 9 et 20-21. Daniel ROBERT, "Les parcs et lieux publics de Trois-Rivières, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 6, mai 1996, p. 6.

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