L'ancienne rue de la Poudrière reliait la rue Notre-Dame (des Ursulines) à la grève du fleuve Saint-Laurent, vis-à-vis de l'édifice actuel appelé "nouveau pensionnat" des Ursulines de Trois-Rivières (Collège Marie-de-l'Incarnation) et de l'actuelle rue Sainte-Cécile. Cette rue se prolongeait au nord de la rue Notre-Dame (des Ursulines) sous le nom de rue Sainte-Hélène.
La rue de la Poudrière était ainsi nommée parce que le gouvernement y possédait un terrain sur lequel était érigée une poudrière du roi. Après la Conquête (1760), on ouvrit sur le même terrain le premier cimetière de la communauté protestante de Trois-Rivières, le cimetière anglican et militaire. On dit que Douglas Ritchie aurait utilisé les pierres de l'ancienne poudrière du roi pour y construire sa maison, en 1917. Cette résidence, ainsi que le terrain, ont longtemps été la propriété du docteur Conrad Godin.
Durant les travaux d'exhumation du cimetière des pauvres (cimetière de l'Hôtel-Dieu de Trois-Rivières ou hôpital des Ursulines), en 1868-1870, le vicaire-général de Trois-Rivières, Mgr Charles-Olivier Caron, constata avec stupeur que la clôture du cimetière avait déjà été déplacée et que des corps se trouvaient sous la rue de la Poudrière. En 1870, quelque 120 corps avaient été exhumés de l'ancien cimetière des pauvres.
En août 1883, les Ursulines envisageaient de racheter de Reynar des terrains qu'elles avaient déjà possédés, car elles craignaient que des manufactures ne s'y établissent: le "terrain du bord de l'eau" (lot 2193), de 13 801 pieds carrés entre les rues de l'Hôpital et de la Poudrière, "ainsi que le terrain faisant face au monastère et s'étendant jusqu'au boulevard" (le 2190, derrière le Jardin des Ursulines), de 33 000 pieds carrés, le tout pour une somme de 2 500$ à 3 000$. Mais, sur les conseils de l'évêque de Trois-Rivières, le projet fut abandonné. La question du "terrain au bas de la côte, vis-à-vis le monastère" revint préoccuper les religieuses, en avril 1888, alors que l'on projetait d'y construire un nouveau quai.