Rue Saint-Laurent

La rue Saint-Laurent est une voie de communication de Trois-Rivières, dans le secteur de Cap-de-la-Madeleine. Cette voie est aussi la route 138 (autefois la route nationale no 2).

À l'été 1942, la Wartime Housing Limited a favorisé la construction de résidences dans le secteur compris entre les rues Dorval, Brunelle et Saint-Laurent et le boulevard Sainte-Madeleine (la plupart des habitations qui avaient leur façade sur le boulevard Sainte-Madeleine remplissent aujourd'hui une autre fonction: ainsi la rôtisserie Ti-Coq Bar-B-Q et la Bijouterie Dupuis).
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La section de la rue Saint-Laurent comprise entre le boulevard Sainte-Madeleine au sud et la rue Fusey au nord a moins de 1 kilomètre de longueur. Elle se présente comme une discontinuité entre ces deux axes. Les fonctions résidentielle, commerciale et industrielle l'occupent.

Cette portion de la route 138 comptait un très grand nombre de maisons érigées durant les décennies 1910 et 1920, des maisons unifamiliales d'ouvriers dans la plupart des cas. Quelques-unes d'entre elles furent sans doute érigées par un entrepreneur qui en faisait ensuite la vente, puisqu'on peut encore discerner une certaine homogénéité quoique diluée par les nombreuses interventions apportées aux résidences du secteur. D'autres, construites plus tard, ont conservé leur style architectural de type bungalow avec toit à deux versants apparenté au type War Time House, pour loger les travailleurs de l'industrie militaire.

Dans l'après-guerre, avec l'usage grandissant de l'automobile, des hommes d'affaires établirent des commerces, notamment des garages de mécanique et des stations d'essence pour profiter de cette manne que constituait la clientèle de passage. La continuité du bâti s'interrompt toutefois à proximité de l'intersection de la rue Fusey avec la présence de deux sites industriels: Corus et Flexia.

FLEXIA:

En septembre 1926, la Bates Valve Bag Company de New York ouvrit une manufacture de sacs de papier à Cap-de-la-Madeleine. Les sacs étaient destinés principalement à l'emballage de poudres à ciment et à plâtre, de la chaux et autres matières industrielles. La manufacture, qui employait plus de 85 ouvrières, femmes et jeunes filles, devint plus tard propriété de la Saint-Regis Paper Company (usine St. Régis Consolidated Packaging), puis de la Consolidated Bathurst Packaging Limited (Emballage Consolidated Bathurst Ltée), de la Twinpack inc., et, enfin, de la corporation Flexia.

CORUS:

(suite de la fiche précédente)

CORUS:

En 1938, alors que l'économie locale était durement touchée par une crise économique depuis le début de la décennie, l'International Foil Limited - une compagnie filiale de l'entreprise britannique Imperial Tobacco - annonça l'implantation d'une usine à Cap-de-la-Madeleine. L'aluminerie était destinée à fabriquer de minces feuilles d'aluminium servant à l'emballage des cigarettes en paquets.

L'usine fut bâtie sur un terrain de près de 20 acres en bordure de la rue. On embaucha des techniciens formés par l'Institut de technologie de Shawinigan. Puis des instructeurs venus de Toronto formèrent le personnel en place sur les techniques de laminage. D'autres travailleurs le furent ensuite à l'École technique de Trois-Rivières.

À peine trois ans après l'ouverture de l'usine, en 1941, les contraintes de la guerre, en particulier les difficultés d'approvisionnement en aluminium, forcèrent la compagnie à cesser la fabrication des feuilles d'aluminium et à se tourner vers le traitement du plomb. Puis, en 1942, la compagnie dut même suspendre toutes ses activités quelque temps, avant de s'engager dans la production de guerre. En effet, en janvier 1943, l'usine fut vendue à la Dominion Rubber Munitions qui, avec plus de 1 100 employés, commença à fabriquer des cartouches de 50 millimètres pour les mitrailleuses.

La fin des hostilités entraîna évidemment la fin de la production de guerre. En août 1945, l'usine fut revendue à la Dominion Foil (Canada) Limited et peu après, en février 1946, elle reprit ses activités d'origine: la transformation d'aluminium (emballage). Propriété d'Aluminium Rolling Mills de 1952 à 1955, puis de Reynolds Aluminium Company of Canada Limited de 1955 à 1996, l'aluminerie prit le nom de Reycan S.E.C. en 1997 avant de passer aux mains du groupe anglo-néerlandais Corus S.E.C. en 2000. Puis, en octobre 2002, le groupe français Pechiney devint propriétaire de l'aluminerie dans le but de mettre en œuvre sa stratégie de croissance sur les marchés de l'aéronautique et de l'automobile. L'aluminerie fait partie du paysage de Cap-de-la-Madeleine depuis plus de 60 ans et d'aucuns continuent de l'appeler familièrement " la Reynolds ".

Cette section de la rue Saint-Laurent se termine à l'intersection de la rue Fusey où feux de circulation, poteaux, fils, pylônes d'électricité, voie ferrée et panneaux de signalisation masquent une petite place aménagée où s'élève une "croix de tempérance", visible de côté seulement puisqu'elle fait face à la rue Fusey. Petit coin d'humanité dans un monde d'asphalte.

DateInconnue
CollectionEncyclopédie Trifluviana
Source En collaboration, "La route 138 à Trois-Rivières: une image à rehausser", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 14, novembre 2004, p. 5-7.

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