La rue Sainte-Ursule est une voie de communication de Trois-Rivières, dans le territoire de l'ancienne paroisse Sainte-Cécile. Son nom rappelle la mémoire de sainte Ursule qui serait apparue à sainte Angèle Mérici, fondatrice des Ursulines.
* * *
Le premier plan cadastral de Trois-Rivières fut confectionné en 1873. Les grands propriétaires, comme les Ursulines, firent alors lotir leurs terres afin de mettre en vente des parcelles pour la construction. Ce premier travail d'arpentage général fut cependant précédé de quelques transactions foncières qui avaient pour but d'ajuster immédiatement le plan aux aménagements prévus. Ainsi, du 20 au 28 août 1873, l'arpenteur Louis-O.-A. Arcand, accompagné du vicaire-général Charles-Olivier Caron (procureur des Ursulines) et de deux témoins, Benjamin Bourgeois et Achille Bailey, parcoururent en tous sens les champs du domaine des Ursulines. Marquant les points de mesurage "avec des poteaux de pin sciés et plantés douze pouces en terre et six pouces hors de terre", il dressèrent alors le procès-verbal de la subdivision en lots des terres appartenant aux religieuses. Ce faisant - et sans doute suivant le désir des Ursulines et de la municipalité -, il réservèrent des espaces pour le prolongement des rues Saint-François-Xavier, Saint-Charles (Hart), De Tonnancour et du Collège, ainsi que pour l'ouverture des rues des Commissaires, Sainte-Hélène, Sainte-Ursule et Sainte-Angèle, ces deux dernières nommées ainsi en l'honneur de sainte Ursule qui serait apparue à sainte Angèle de Mérici (1470-1540), fondatrice de l'Ordre de sainte Ursule, c'est-à-dire des Ursulines.
En juillet 1881, la communauté des Ursulines de Trois-Rivières demanda à la Ville de Trois-Rivières de déplacer la rue Sainte-Hélène de 60 à 70 pieds vers le nord-est, sur des terrains leur appartenant et à leurs frais si nécessaire, pour permettre la construction d'un corps de logis qui devait servir de nouveau pensionnat. Le 5 septembre 1888, soit deux ans et demi après l'inauguration du nouveau pensionnat du Sacré-Coeur (le 4 avril 1883), la Ville donna suite à la demande des religieuses: on ouvrit une nouvelle rue "sur le terrain des Ursulines de Trois-Rivières à la profondeur sud-ouest des emplacements de la ruelle Saint-Paul" sous le nom de "rue Sainte-Cécile". L'ouverture de cette rue, qui comptait 18 habitations en 1890, entraîna la disparition de la ruelle Saint-Paul et de la rue Sainte-Hélène, au nord du cloître des Ursulines. Puis, on déplaça vers l'est, d'une rangée de lots, le tracé de toutes les rues parallèles qui avaient été projetées en arrière du Séminaire: ainsi, le côté est de l'ancien tracé de la rue Sainte-Ursule devint son côté ouest, tandis que son nouveau côté est correspondait à l'ancien côté ouest de la rue Sainte-Angèle, et ainsi de suite.
La vente de nombreux emplacements dans le quartier Sainte-Ursule, à partir du début du XXe siècle, amena la Ville de Trois-Rivières à ouvrir de nouvelles rues à travers les propriétés des Ursulines. La construction et l'entretien des clôtures et des trottoirs occasionnaient cependant de grosses dépenses auxquelles les religieuses ne pouvaient se soustraire. À la fin de septembre 1907, par exemple, la Ville de Trois-Rivières leur envoya une sommation:
"...vous devez construire un trottoir de première classe en front de vos
propriétés sur le côté nord-est de la rue Ferland, d'hui au 3 d'octobre prochain...",
donnant ainsi aux religieuses moins de 10 jours pour faire exécuter les travaux. Aussi les Ursulines entendaient-elles céder peu à peu leurs droits de propriété sur les nouvelles voies d'accès. C'est pourquoi en novembre suivant, par exemple, elles décidèrent de donner à la Ville le contrôle de deux tronçons projetés: celui de la rue Sainte-Ursule, de la rue des Commissaires jusqu'à la rue Sainte-Geneviève, et celui de la rue Sainte-Geneviève, à partir du manège militaire jusqu'à la rue Sainte-Cécile.
En 1910, Charles-Édouard Hamelin adressa une requête à la Ville demandant l'ouverture de la rue Sainte-Ursule et se plaignant que "l'écurie de Monsieur Lafontaine est construite sur cette rue projetée et à sept pieds de (sa) maison". Mais, en 1912, la rue Saint-Paul était encore la seule voie qui reliait les rues des Commissaires et Saint-Maurice. Plusieurs citoyens désiraient à ce moment-là le prolongement de la rue Hertel, à partir de la rue des Commissaires jusqu'aux rues Charlevoix et du Collège, ainsi que l'ouverture de rues transversales entre les rues Sainte-Geneviève et Saint-Maurice. Ainsi, disaient-ils, "les travailleurs ne seraient pas obligés de passer à travers champs pour se rendre à leur travail"