Aluminerie Reynolds de Cap-de-la-Madeleine

En 1938 ouvrit l'aluminerie International Foil, devenue la Dominion Rubber Munitions en 1943, puis la Dominion Foil en 1945 et la Reynolds Aluminium en 1955. L'usine est située sur la rue Saint-Laurent dans l'ancienne ville de Cap-de-la-Madeleine.

En 1938, alors que l'économie locale était durement touchée par une crise économique depuis le début de la décennie, l'International Foil Limited, une compagnie filiale de l'entreprise britannique Imperial Tobacco, annonça l'implantation d'une usine à Cap-de-la-Madeleine. L'aluminerie était destinée à fabriquer de minces feuilles d'aluminium servant à l'emballage des cigarettes en paquets.L'usine fut bâtie sur un terrain de près de 20 acres en bordure de la rue Saint-Laurent, l'une des principales artères de la ville. On embaucha des techniciens formés par l'Institut de technologie de Shawinigan, puis des instructeurs venus de Toronto formèrent le personnel en place sur les techniques de laminage. D'autres travailleurs furent ensuite formés à l'École technique de Trois-Rivières.À peine trois ans après l'ouverture de l'usine, en 1941, les contraintes de la guerre - en particulier les difficultés d'approvisionnement en aluminium - forcèrent la compagnie à cesser la fabrication des feuilles d'aluminium et à se tourner vers le traitement du plomb. Puis, en 1942, la compagnie dut même suspendre toutes ses activités durant un temps, avant de s'engager dans la production de guerre. En effet, en janvier 1943, l'usine fut vendue à la Dominion Rubber Munitions qui, avec plus de 1100 employés, commença à y fabriquer des cartouches de 50 millimètres pour les mitrailleuses.L'arrivée massive de travailleurs dans ce coin de la ville de Cap-de-la-Madeleine nécessita la construction d'une centaine d'habitations par la Wartime Housing Limited sur les rues Dorval et Brunelle.La fin des hostilités entraîna évidemment la fin de la production de guerre. En août 1945, l'usine fut revendue à la Dominion Foil (Canada) Limited et peu après, en février 1946, elle reprit ses activités d'origine: la transformation d'aluminium (emballage).

Propriété d'Aluminium Rolling Mills de 1952 à 1955, puis de Reynolds Aluminium Company of Canada Limited de 1955 à 1996, l'aluminerie prit le nom de Reycan S.E.C. en 1997 avant de passer aux mains du groupe anglo-néerlandais Corus S.E.C. en 2000. En octobre 2002, le groupe français Pechiney devint propriétaire de l'aluminerie dans le but de mettre en oeuvre sa stratégie de croissance sur les marchés de l'aéronautique et de l'automobile. Puis, au début d'août 2006, l'usine fut acquise par la société américaine Aleris International inc. Mais, à peine quelques jours plus tard, Aleris International elle-même fut absorbée par la compagnie Texas Pacific Group.L'aluminerie fait partie du paysage de Cap-de-la-Madeleine depuis plus de 60 ans et d'aucuns continuent de l'appeler familièrement "la Reynolds". En août 2006, l'usine employait 550 travailleurs.

Date1938
CollectionEncyclopédie Trifluviana
Source En collaboration, "La route 138 à Trois-Rivières: une image à rehausser", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 14, novembre 2004, p. 7. Marc ROCHETTE, "Corus passe aux mains de Pechiney", dans: Le Nouvelliste, 26 octobre 2002, p. 1. Daniel ROBERT, "Le patrimoine industriel et manufacturier de Trois-Rivières, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 12, juin 2002, p. 18 et 24. Louise PLANTE, "Corus doit renouer avec la rentabilité", dans: Le Nouvelliste, 8 août 2006, p. 12. Louise PLANTE, "L'acheteur de Corus acheté à son tour", dans: Le Nouvelliste, 10 août 2006, p. 14.

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