Voir aussi Danse, chant et musique à Trois-Rivières
La première fanfare civile fondée au Québec aurait été organisée en 1831 par le greffier de paix dans le district de Québec, Joseph-François-Xavier Perreault, et avait un Allemand d'origine, Jean-Chrysostôme Braunies, comme directeur musical. Mais elle ne survécut pas à l'épidémie de choléra en 1832.
D'autres associations virent le jour pour promouvoir le goût de la musique et pour présenter des concerts. La Société philharmonique de Montréal, formée vers 1810 et recréée en 1877, ainsi que la Quebec Harmonic Society, fondée vers 1820, donnèrent aussi plusieurs concerts. En 1836, un grand musicien, Charles Sauvageau, mit sur pied la Musique canadienne de Québec, surnommée "la fanfare Sauvageau", qui comprenait notamment son fils Flavien (jeune prodige de 6 ans qui se révéla un violoniste de grand talent, mais qui décéda à 16 ans, le 12 juin 1846, dans l'incendie du Théâtre Saint-Louis à Québec), et son frère Benjamin. L'année suivante (1837), Jean-Chrysostôme Braunies Jr, organiste de l'église Notre-Dame de Montréal, mit sur pied la Société musicale de Montréal. À Québec, Arthur Lavigne organisa le Septuor Haydn vers 1875. À cette époque, le grand musicien Antoine Dessane (1826-1873), organiste de la basilique de Québec et l'un des compositeurs les plus prolifiques, venait de décéder, et le violoniste et compositeur montréalais Alfred Desève (1860-1928), âgé d'à peine 16 ans (1876), était déjà célèbre. Quelques années plus tard, en 1879, fut créée la première Société philharmonique de Trois-Rivières.
Le concert le plus impressionnant jamais présenté au XIXe siècle fut probablement le "Grand concert de musique sacrée au profit de la Société des émigrés" en l'église-cathédrale anglicane de Québec le 26 juin 1834, sous la présidence d'honneur du gouverneur général du Canada, Matthew Whitworth, lord Aylmer, et qui comprenait un ensemble de 174 exécutants.
De plus en plus, les artistes européens et américains, généralement bien appréciés, inscrivirent Québec et Montréal dans le circuit de leurs tournées nord-américaines. Plusieurs d'entre eux, venus de Londres, Naples, New York, pour présenter un récital, un concert de musique vocale et instrumentale, un opéra, un oratio ou une comédie musicale, attirèrent un grand public au Vauxhall de Montréal, au Théâtre Royal ou à l'hôtel Union de Québec. La cantatrice italienne Borghese était à Montréal et à Québec en août 1841; le pianiste Léopold de Meyer effectua une tournée canadienne en 1846; la Compagnie d'opéra italien présenta deux classiques de l'opéra en juin 1853. Emma Lajeunesse, née à Chambly en 1847 et connue sous le nom d'Albani, fut l'une des plus grandes cantatrices québécoises de l'époque.
La surabondance de partitions de chefs-d'oeuvre européens facilement accessibles et la présence de nombreux artistes invités ne favorisa toutefois pas la création québécoise. Les compositeurs locaux, peu connus, se contentaient d'écrire de la musique religieuse et des pièces de circonstance: pour une visite royale, l'inauguration d'un pont, le retour de zouaves, etc.
Le théâtre et les opérettes se mêlaient souvent aux concerts. Des troupes locales interprétaient "Madame Angot ou la Poissarde parvenue", "Inkle and Yarico ou The Poor Soldier". À Montréal et à Québec, des groupes se formèrent pour présenter, entre autres pièces, "La Dame blanche" de François Adrien Boieldieu, sous la direction de Calixa Lavallée.