Maison du roi dite “maison des gouverneurs” de Trois-Rivières

Voir aussi Le Platon de Trois-Rivières

La maison du roi à Trois-Rivières, dite maison des gouverneurs, était bâtie sur le Platon, sur l'emplacement de l'ancien fort.

La première maison du roi à Trois-Rivières fut bâtie en 1693 par le gouverneur Claude de Ramezay. Auparavant, de Ramesay habitait la maison de l'ancien gouverneur Pierre Boucher, sur l'actuelle rue Saint-Pierre. De même, ses autres prédécesseurs logeaient dans des maisons privées, achetées ou louées; celle du gouverneur René Gaultier de Varennes (1668-1689), par exemple, était située à l'angle sud-est de la palissade du bourg (à l'angle de la rue Saint-François- Xavier et de l'actuelle terrasse Turcotte), derrière l'emplacement de la future chapelle des Récollets (actuelle église anglicane Saint-James).

Cette première maison du roi fut occupée par les Ursulines dès leur arrivée à Trois-Rivières, quatre ans plus tard (1697); les religieuses y demeurèrent jusqu'à leur installation sur la rue Notre-Dame (des Ursulines) en 1700.

Puis, en 1723, l'architecte Chaussegros de Léry fit construire un nouveau bâtiment aux dimensions imposantes (90 pieds sur 40), en pierre taillée.

Louis-Antoine de Bougainville, étant à Trois-Rivières en 1757, écrivit dans ses notes de voyage:
« Le gouverneur des Trois-Rivières a un fort joli logement, alors que
celui de Montréal n'en a point ».

En 1760, suite à la reddition de Montréal qui scella le sort du Canada, le colonel anglais Ralph Burton faisait son entrée à Trois-Rivières et installait son quartier général dans la maison des gouverneurs, sur le Platon. Après la suppression du gouvernement de Trois-Rivières le 17 septembre 1764, la maison des gouverneurs servit de caserne militaire (1765-1852). Un hôpital temporaire y fut aménagé, en 1779; il s'agissait probablement d'un hôpital militaire, car des troupes britanniques et des mercenaires allemands sillonnèrnt la région et y prirent leurs quartiers d'hiver durant la Guerre d'Indépendance des États-Unis, de 1776 à 1783.

Puis la maison des gouverneurs logea le Collège de Trois-Rivières (du 19 mai 1860 jusqu'en 1874, alors qu'il s'installa dans le "séminaire à tourelles" sur la rue Laviolette), le bureau de la douane (1874-1875) et le bureau des travaux publics (1882-1908). En octobre 1875, un nouvel édifice de la douane fut bâti sur le terrain du Platon, face à la rue Alexandre (Radisson). Au cours de l'excavation, on fut "surpris de découvrir, à 15 pieds sous le sol et à 40 pieds de la rue Notre-Dame, une rangée de pieux de cèdre disposés en la même manière que ces anciennes clôtures de pieux debout..." (Journal des Trois-Rivières, 28 octobre 1875). S'agissait-il de résidus de l'ancienne palissade du bourg.

La maison des gouverneurs fut détruite dans le grand incendie de Trois-Rivières, le 22 juin 1908.

DateInconnue
CollectionEncyclopédie Trifluviana
SourceDaniel Robert, Fichier d'accès rapide à l'histoire, Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières. René BEAUDOIN, "Les chapelles de Trois-Rivières", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 8, juin 1998, p. 15. En collaboration, "L'architecture trifluvienne, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 13, octobre 2003, p. 27. Daniel ROBERT, "Hôpitaux, santé et assistance publiques à Trois-Rivières, XVIIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 3, avril 1993, p. 13. Daniel ROBERT, "Les petites écoles à Trois-Rivières, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 5, avril 1995, p. 18. Daniel ROBERT, "Les parcs et lieux publics de Trois-Rivières, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 6, mai 1996, p. 3 et 4. Daniel ROBERT, "La vie culturelle trifluvienne, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 10, août 2000, p. 32. Daniel ROBERT et Jean ROY, "22 juin 1908. Le grand incendie de Trois-Rivières", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 15, juin 2005, p. 5, 9 et 13. François ROY, "Le bégonia et le bougainvillier", dans: Le Nouvelliste, 24 août 2002, p. 21.

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