Voir aussi Parc de l'Exposition de Trois-Rivières
La première exposition agricole provinciale du Bas-Canada à Trois-Rivières eut lieu les 17, 18 et 19 septembre 1856 sur le site du futur cimetière Saint-Louis.
Au milieu du XIXe siècle, le Bureau d'agriculture du Bas-Canada, en collaboration avec l'Association d'agriculture et les sociétés agricoles de comté organisait des expositions agricoles et, à l'occasion, agricoles et industrielles. Celle qui se tint à Trois-Rivières en 1856, s'inscrivait dans un vaste mouvement des sociétés d'agriculture qui ont proliféré dans les années 1840. Présentes dans les comtés, elles mettaient sur pied des expositions et des concours où l'on décernait des prix et des récompenses. Le but était évidemment de montrer l'avancement de l'agriculture, d'enseigner les méthodes et les techniques qu'on souhaitait voir adopter par tous, de stimuler l'émulation chez les cultivateurs, bref, d'encourager l'agriculture.
Trois-Rivières se porta donc candidate, en 1855, pour 1'exposition de 1856, qu'elle désirait tenir sur le coteau. En compétition avec Saint-André-d'Argenteuil, elle sut faire valoir sa localisation au milieu de comtés populeux, la fertilité des campagnes environnantes et la facilité d'accès que lui procuraient les voies de communication. Pour emporter la décision, Trois-Rivières accorda un octroi de 250 dollars à 1'Association d'agriculture du Bas-Canada. L'exposition provinciale, prévue pour une durée de trois jours, s'ouvrit le 17 septembre, sur le site du futur cimetière Saint-Louis.
L'édition du 18 septembre de L'Ère nouvelle, le journal local, raconte que le temps brumeux n'a pas découragé une foule inaccoutumée de se rendre, dès l'aurore, sur le lieu de l'exposition. Du nombre, sans doute beaucoup de visiteurs qui profitèrent du coût de passage réduit sur le bateau à vapeur. Parvenus sur le site, ils y voyaient les animaux de ferme, les outils, les instruments et les machines aratoires, les produits de l'agriculture, de l'horticulture et ceux des travaux domestiques. On y admira les dentelles, les couvertures, les fleurs artificielles faites par les soeurs Ursulines. D'autres choses aussi, objets hétéroclites comme des harnais, des poêles, des machines à coudre côtoyaient les instruments et les objets présentés par les chirurgiens-dentistes. Ainsi, le docteur Trestler attirait l'attention générale avec "diverses sortes de dentiers en porcelaine montés en or et en platine, deux crânes et une petite mâchoire".
D'autres exposants avaient installé leur tente autour de l'enclos. Ce qu'ils proposaient avait bien peu a voir avec le thème de l'exposition mais accompagnait toujours ce genre d'événement. Là se trouvait, entre autres choses, la célèbre ménagerie Guilbault avec sa collection d'oiseaux rares, d'animaux sauvages tels lions, tigres, singes, de "moutons à quatre cornes et à cinq pattes" lit-on dans L 'Ère nouvelle. Sous une autre tente paradaient la "Grosse Femme", la "Femme Ourse", le "Squelette Vivant".
D'autres expositions eurent lieu à Trois-Rivières au cours des années suivantes, mais non sur le coteau. Ainsi, l'"exposition de produits agricoles, manufacturés, domestiques et d'animaux" qui envahit le marché à foin le 17 novembre 1857. Il fallut attendre 1896, année de la première exposition régionale, pour voir le coteau s'imposer, se voir reconnaître comme le terrain de l'exposition.