Voir aussi François de CHAMPFLOUR, Fief Champflour
La rue Champflour est une voie de communication près du centre-ville de Trois-Rivières. Elle relie le boulevard du Saint-Maurice et la rue Saint-Prosper en passant par l'extrémité de la rue Bellefeuille (autrefois: rue Sainte-Marie). Son nom rappelle la mémoire de François de Champflour, commandant du fort de Trois-Rivières.
Un plan de lotissement de 1875 donnait à cette voie le nom de « rue Champlain ».
Bien que l'arrivée du chemin de fer et la construction de la gare (1878) aient favorisé l'éclosion d'une petite zone ouvrière au pied du coteau Saint-Louis, leur apport dans le développement du quartier Notre-Dame est plutôt négligeable. Si bien qu'au début du XXe siècle, la rue Champflour ne comptait que quelques maisons, l'hôtel du Canada, une boulangerie et une scierie: la Three Rivers Planning Mill, devenue plus tard propriété de la Burrill Lumber Co. Sa vaste cour à bois occupait tout le quadrilatère formé des rues Champflour, Saint-Martin (Père-Frédéric), Nérée-Duplessis et Saint-Thomas. D'après des contemporains, le développement de la rue Champflour aurait longtemps été freiné par cette scierie. Le Nouvelliste du 30 octobre 1941 renseigne sur sa démolition, en mai 1941.
Tout comme ce fut le cas pour le boulevard du Saint-Maurice, le développement de la rue Champflour démarra après 1908. C'est là que se concentra une partie du parc hôtelier de Trois-Rivières. Vers 1912, on trouvait, outre l'hôtel du Canada, ouvert en 1878 par Jos. A. Grenier, en face de la gare, trois autres établissements: le Continental, le Dominion et le Windsor. L'hôtel du Canada fut pratiquement reconstruit en 1940. L'établissement de 52 chambres fut vendu en 1959 et rebaptisé hôtel Lido par les nouveaux propriétaires: Georges DeMontigny, Charles Champoux et Paul Crête. Il fut complètement rasé par les flammes le 26 janvier 1972. Depuis ce jour, le terrain a été laissé à l'abandon, laissant pour ainsi dire la gare ferroviaire comme unique témoin de cette période.
Le choix du site de la gare avait donné lieu à une polémique que relate le Journal des Trois-Rivières les 15 mai 1876 et 3 juin 1878. Certains citoyens demandaient qu'elle soit placée dans le quartier Saint-Philippe, mais les inondations printanières fréquentes ont pesé lourdement en défaveur de la Commune. Dès 1877, la ligne de chemin de fer de la Rive nord (Montréal-Québec) traversait la Commune de Trois-Rivières, d'un bout à l'autre, et longeait le pied du coteau Saint-Louis en direction de la rivière Saint-Maurice. La première gare fut inaugurée en février 1878 par la Quebec, Montreal, Ottawa & Occidental Railway Company, absorbée plus tard par la Canadian Pacific Railway Company. Construite en bois, elle fut témoin du va-et-vient continuel des voyageurs durant 46 ans. Le vieux bâtiment de bois fut remplacé en 1924 par un nouvel édifice en pierre de taille de Deschambeault. Selon Le Nouvelliste du 11 août 1922, ce site fut préféré à celui de la manufacture Tebbutt, sur la rue Sainte-Marie. De style beaux-arts, la gare fut construite de juin à octobre 1924 par la compagnie Canadian Pacific Railway, d'après des plans des architectes Ross & Macdonald de Montréal. Sa construction avait nécessité la démolition de l'hôtel Dominion érigé tout près de l'angle Père-Frédéric.
Décoré de plusieurs tableaux d'intérêt historique représentant notamment les blasons de Jacques Cartier, de Monseigneur de Laval et des gouverneurs de Trois-Rivières, l'édifice servit exclusivement de gare ferroviaire de 1924 à 1987. Acquise du Canadien Pacifique par VIA Rail Canada inc., en décembre 1985, elle fut rénovée par VIA Rail en 1986-1987, au coût de 1,8 million de dollars, pour en faire une gare intermodale, c'est-à-dire une gare où l'on retrouvait divers modes de transport: service de train pour passagers (disparu en 1990), service d'autocar (septembre 1987-octobre 1998 - Voyageur, puis Orléans Express), et service de taxi de 1987 à 1990.
En 1991, le gouvernement du Canada reconnaissait la valeur historique de l'ancienne gare ferroviaire de Trois-Rivières et la plaça sous la Loi sur la protection des gares ferroviaires patrimoniales. L'édifice fut mis en vente en février 1996. Puis, en 2000, VIA Rail Canada le céda à la Municipalité régionale de comté (M.R.C.) De Francheville pour que celle-ci y aménage ses bureaux administratifs. De mars à juin 2000, des travaux d'environ 800 000$ furent réalisés par la firme P.A. Buisson de Grand-Mère, d'après des plans de l'architecte François Beauchesne. L'aspect patrimonial du bâtiment a été préservé et toutes les boiseries ont été confectionnées de façon à conserver et mettre en valeur ses éléments architecturaux et historiques.